Archivage : Quand les archives racontent la place des femmes dans la vie municipale

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Les élections municipales se sont déroulées les 15 et 22 mars derniers. Le scrutin a été marqué cette année par la loi adoptée le 21 mars 2025, mettant un terme au panachage des listes et généralisant la parité aux communes de moins de 1 000 habitants.

À l’issue de ce scrutin 2026, et au lendemain des conseils municipaux d’installation, sur 276 communes finistériennes 62 femmes sont élues maires, soit 22,46% des maires élus. Cette revendication de parité est le fruit d’un long processus pour le droit de vote et d’éligibilité pour les femmes. Les données officielles et certaines archives municipales nous le rappellent.

Le 21 avril 1944, le droit de vote pour les femmes

Avec l’ordonnance du 21 avril 1944, les femmes obtiennent le droit de vote et sont également éligibles. Lors du scrutin des élections municipales du 29 avril 1945, elles votent donc pour la première fois et certaines se présentent sur les listes électorales. En l’absence de statistiques officielles [1], les archives communales et les articles de l’époque recensent 17 femmes maires sur le plan national, dont 5 dans le Finistère [2]. Selon l’AFP, les estimations du nombre de femmes conseillères municipales élues en 1945 en France s’élèvent à 3 %. Difficile d’estimer le nombre de femmes élues dans le Finistère.

Les élues de l’Île-Molène.

À Molène, faute de données officielles, et en l’absence des listes électorales, les registres des actes administratifs sont une précieuse source d’informations. Le procès-verbal du conseil municipal du 06 mai 1945 [3] enregistre l’installation de la nouvelle équipe municipale. Trois femmes sont élues conseillères, dont une élue adjointe au maire. Plus proche de nous dans le temps, la première et seule femme élue maire dans cette commune l’est en 2001. Le scrutin qui s’est déroulé à Molène exceptionnellement le 17 mai dernier voit 5 femmes élues conseillères, résultat semblable au mandat 2020-2026.

Les registres des actes administratifs : préservons-les !

Témoins, entre autres, de la vie politique, institutionnelle et administrative, passée et à venir, les registres des actes administratifs préservent la mémoire de nos communes. Précieuses, les archives nécessitent d’adopter certaines mesures de conservation préventive. Après reliure obligatoire et réglementée des actes administratifs, il convient de mettre les registres dans un endroit sec, à l’abri de toute source de chaleur et de la lumière directe. Il est fortement conseillé de les rassembler dans une armoire forte et fermée, résistante au feu, à ouvrir au moins une fois par jour afin de renouveler l’air.

Et dans votre commune ? Quelle est la part des femmes élues en 1945 ? Quelle participation des femmes à l’issue de ce premier scrutin électif ouvert aux femmes ? Quelles archives pour en témoigner ?

A vos archives !

Bon à savoir : Pensez au procès-verbal de récolement post-électoral de vos archives. Il est obligatoire à chaque changement d’équipe municipale. Il formalise la passation de responsabilités du maire sortant au nouveau maire, et il certifie l’existence des archives à un moment donné.  Il est  recommandé pour les EPCI.

[1] Les statistiques du ministère de l’Intérieur ne commencent à recenser les femmes élues qu’à partir de 1947.

[2] Pour les nommer : Suzanne Ploux à Saint-Ségal / Pont de Buis, Marie Digoy à Saint-Renan, Jeanne Berthelé à Ouessant, Marie Mahé à Kernével /Rosporden, et Marie-Thérèse de la Grandière d’Expiès à Langolen.

[3] Archives de l’Île-Molène, registres des PV de délibérations, 1 D 1