Semaine de la QVCT : En immersion avec Plozévet

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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce podcast spécial semaines de la qualité de vie et des conditions de travail proposée par le Centre de Gestion du Finistère. Pour cette semaine dédiée à la QVCT. Les équipes du CDG29 sont allées sur le terrain à la rencontre de collectivités qui ont décidé d’agir concrètement pour améliorer le bien être de leurs agents au travail. Aujourd’hui, on vous emmène à Plozévet, donc une commune du sud Finistère où l’on va échanger autour des actions mises en place au sein de la collectivité.

Donc bonjour Cécile, bonjour Magalie. Avant de commencer, est ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots, donc votre fonction et depuis quand vous êtes en poste ?

Alors oui, donc moi, c’est Magalie je suis responsable du pôle enfance à la mairie de Plozévet. Et donc moi c’est Cécile et je suis responsable des ressources humaines.

Donc on va pouvoir entrer dans le vie du sujet en vous posant quelques questions.
Pour commencer, pouvez vous nous dresser un panorama des actions mises en place dans votre collectivité pour améliorer la qualité de vie au travail.

Cécile : Alors en fait, on a fait pas mal de choses depuis quelques années parce qu’on s’est rendu compte que le document unique (DU) n’était pas mis à jour depuis un certain temps. Et en fait, c’est par ce biais là qu’on a pu mettre en place des actions, qu’on a découvert des choses, des choses qui étaient super bien faites et d’autres un petit peu moins. Et du coup, on a fait pas mal de choses en matière d’action. On a fait des actions très simples, des actions de formation, des achats de, par exemple, des équipements de protection individuelle, du matériel, pas forcément très cher, mais qui, quand même améliorait nettement la vie de nos de nos collègues et jusqu’à l’achat de gros mobiliers, notamment à la restauration scolaire, peut être, tu peux en parler un peu plus toi, Magalie sur la restauration scolaire.

Magalie : Oui, en fait, du coup avant, il y avait des tables qui étaient à hauteur d’enfants très basses et le personnel devait se pencher pour couper la viande, etc. Donc du coup, on a acheté du mobilier, des tables hautes à hauteur d’adultes dans la hauteur ordinaire. Et les enfants sont sur des fauteuils surélevés du coup adaptés avec un petit marchepied et du coup sont à hauteur pour eux aussi manger dans de bonnes conditions. Du coup, les collègues disent que c’est beaucoup moins fatigant, un service à hauteur. Et du coup, ça limite les TMS, les risques de TMS.

Et qu’est ce qui a été le déclic pour lancer ces démarches ? C’était une demande des équipes, une volonté de la direction ou un constat sur le terrain.

Cécile : Non, ça a été plutôt un constat, comme le disait la suite à la mise à jour DU, c’est là qu’on s’est rendu compte qu’il y avait des petites choses à faire. Et puis je pense que chacune on avait un peu la sensibilité. On est assez sensible à la qualité de vie au travail, parce que moi, je considère que si on est bien dans son travail, on le fait d’autant mieux. Donc c’est un peu ça qui a amené la démarche. Et puis tous les services ont été plutôt partie prenante au départ. C’était pas simple parce que ça fait quand même ça rajoute des tâches qui paraissent un peu lointaines. On est tous dans notre quotidien, mais après sur des gros services aussi comme celui de Magalie, je sais que toi tu as une bienveillance aussi là dessus. Une sensibilité aussi. Et je pense que tout le monde a participé plus ou moins volontiers quoi !

Et comment avez vous associé les agents à la réflexion ou à la mise en œuvre de ces projets?

Magalie : Alors par exemple, on va reprendre l’exemple du mobilier scolaire. On a fait appel aux entreprises qui nous ont livré du matériel en démonstration. Et du coup, les collègues ont pu essayer. Et après, on a aussi, elles ont participé au choix des couleurs, c’est leur de travail. Et voilà, ça participe donc tout le monde a été acteur du projet de renouvellement du mobilier scolaire. Voilà le but.

Cécile : C’est vrai que c’est de faire faire comprendre aux agents qui sont acteurs et que c’est en fait, c’est pour leur bien être à eux, dans leur quotidien, dans leur tâche. C’est pas nous qui sommes un peu en dehors. Qui allons dire ça, ça va aider. C’est vraiment à la personne de voir ce qui va être le mieux pour lui. Alors dans la limite du raisonnable, bien évidemment. Mais donc c’est comme ça que, en tout cas, au niveau du DU, on a travaillé là dessus après, on a reçu en réunion chaque agent qui a pu s’exprimer sur des choses, ben ça, la ventilation ici, ça ne va pas ça. Alors après on a filtré parce que quand on laisse ouvert, évidemment on est parfois surprise, c’est assez rigolo. Mais comme tu dis toi, Magalie, c’est d’associer vraiment les agents parce que c’est leur outil de travail.

Est-ce que ces initiatives, elles ont changé la manière dont les agents échangent ou coopèrent au quotidien justement ?

Cécile : Alors je sais pas trop en tout cas au niveau administratif, parce que moi je vois plus le côté administratif peut être, tu en parleras toi sur le service périscolaire, mais ils sont plus facilement enclins à venir me dire : “Est-ce que je pourrais partir en formation pour telle chose ? Parce que dans mes missions, finalement, je me suis rendu compte que ça, ça faisait partie et je vais avoir besoin” ou alors de dire : “Oui, ça, ça ne va pas. Il me faudrait peut être une souris, un marche-pied, un repose-pied, des choses comme ça”. Peut être, ça les a ouverts au dialogue et ils voient que même si tout va pas être possible de faire, mais au moins ils peuvent en parler, que c’est ouvert. Du coup il y a eu plus de demandes, il faut aussi mettre des freins parce tout ne va pas être possible. Il faut savoir expliquer, voilà, c’est ça. Ce qui est important, c’est d’ expliquer, de dire que vous avez la parole. Vous avez le droit de dire des choses par contre, tout ne peut pas être fait. C’est pas parce qu’on veut faire au mieux, qu’il y a aussi des priorités, notamment budgétaire, d’organisation aussi. On ne peut pas être 50 au restaurant scolaire, mais je pense que c’est plutôt bien expliqué. Les agents sont plutôt réalistes là dessus.

Et quel type de retour recevez vous de la part des agents, mais aussi des encadrants ? Est-ce que certaines réactions vous ont particulièrement marqué ?

Magalie : Je pense qu’ils se sont entendus. Ils se sont sentis écoutés par la mairie. En fait, du coup, on est excentré au pôle enfance, on est loin de la mairie. Ils se sont sentis entendus du coup par la mairie et ils osent plus venir vers la mairie.

Cécile : C’est vrai que le fait d’avoir des services, c’est un peu comme si la mairie, c’était le centralisateur. On a des petites soucoupes autour. C’est vrai que des fois on paraît un peu loin de leurs préoccupations de leur fonctionnement, parce que nous aussi, on a des choses à faire mine de rien. Et du coup, on ne va pas forcément sur le terrain. Les responsables de services sont là pour ça aussi. Et du coup on a plus le retour, c’est peut être, ça a facilité, je pense, les échanges.

Magalie : Cécile a fait ça comme action. Des fois, tu as fait des petites réunions pour informer de ce qui se passe au niveau des actualités RH. Et du coup, le fait que des agents de la mairie se déplacent sur place pour des réunions d’information ça a ouvert le dialogue, c’était important. Et il y a eu des très bons retours de ça. Et ça participe à la qualité de vie au travail de se sentir informé au même titre que les agents de la mairie.

Et quel a été le plus grand défi dans la mise en place de ces actions ? Comment l’avez-vous surmonté?

Cécile : Alors pour moi, le plus grand défi a été la mise à jour du DU parce qu’il y avait un boulot vraiment énorme à faire. Et on a fait un groupe de travail et les collègues ont répondu présents , on a fait des réunions avec tous les agents, tout pour ma partie, en tout cas, et ce n’était pas gagné au départ et d’associer aussi les élus, parce que eux aussi ont des choses à faire, ils ont leur quotidien. Ce n’est pas évident. De même, s’ils sont très, très conscients que la qualité de vie au travail, c’est énorme pour que le service soit rendu le mieux possible à l’usager, mais de les associer, c’était pas évident. Et finalement ça s’est plutôt bien passé.

S’il y avait une valeur ou un mot qui résume pour vous l’esprit de la QVCT dans votre collectivité, ce serait quoi et pourquoi ?

Cécile : Alors moi là, je n’en ai aucune idée. Je crois que je dirai persévérance, mais je ne suis pas sûre.

Magalie : Amélioration !

Et quel conseil donneriez vous à une collectivité qui souhaite elle aussi s’engager dans cette voie ? Par quoi commencer?

Cécile : Alors moi, je me disais que déjà c’est un peu classique, mais bien connaître les services et bien, bien trouver les personnes qui vont peut être avoir cette sensibilité là et qui vont réussir à amener les autres pour faire un état des lieux, pour voir comment ça fonctionne et aussi ne pas remettre à demain ce qu’on pourrait faire aujourd’hui, c’est à dire que, comme on est tous dans notre quotidien, on se dit : “Ah ouais ça, c’est pas la priorité”. C’est vrai que ça se voit pas à l’extérieur. C’est pas des fleurs qui sont belles dans la mairie. C’est pas le repas, le midi qui va être bon, mais c’est tous les agents derrière. Et du coup, à un moment donné il faut y aller et en fait, le démarrage est difficile parce que ça paraît insurmontable et qu’il y en a partout, mais au bout d’un moment qu’on tire les fils et surtout qu’on trouve les bonnes personnes, eux derrière aussi, en tant que responsables, ils vont, ils vont savoir redescendre l’information et ça se passe bien. Et le conseil, c’est ça, c’est, il faut faire un état des lieux, trouver des bonnes personnes et à un moment donné, il faut y aller. Il faut y aller parce que c’est ce qu’on disait, si on est bien en travail, tout se passe bien.

Magalie : Mettre en forme un échéancier pour voir ce qu’on peut faire à court terme, à moyen terme et plus long terme, justement pour pas lâcher aussi ce projet.

Cécile : Faut rester, faut continuer. Faut être persévérant et continuer. Parce qu’en fait, la qualité au travail s’arrête pas parce qu’on a changé le mobilier. C’est tous les jours, c’est continu.

Et selon vous, pourquoi c’est essentiel aujourd’hui de remettre le travail et le dialogue autour du travail au centre des préoccupations dans le service public?

Cécile : Moi, je dirais que, alors c’est depuis depuis un peu depuis le COVID, les gens ont peut-être pris conscience qu’on passe quand même pas mal de temps au travail. On a envie d’avoir une qualité de vie alors pas que au travail mais aussi ailleurs, on a envie de faire des choses, on a envie de voir des gens qu’on aime bien, et du coup, on avait une espèce de routine. On se disait on va travailler alors même si on adore notre travail, on le faisait pas forcément en réfléchissant, c’était juste notre travail qu’on aimait bien, mais là du coup de mettre du sens et de aussi de faire comprendre aux autres ce que l’on fait alors dans le service public, c’est encore plus important, je pense, parce que c’est quand même assez flou. Se questionner, de se dire : “Bah, pourquoi je fais ça ? C’est quoi les valeurs ? C’est quoi mon travail ? Et comment je vais l’expliquer aux gens” pour que eux aussi comprennent ce que je fais et le service public, c’est ça, c’est pas juste donner quelque chose à un agent, un papier, parce qu’il a besoin de faire une démarche. C’est aussi de lui expliquer comment ça fonctionne, d’une manière plus générale. Nous, c’est plus de l’administratif et vous c’est encore plus concret parce que vous avez des vrais gens de plus en plus besoin.

Magalie : Je pense que c’est le COVID qui a été le début de cette démarche là. Les gens ont besoin vraiment maintenant de concilier vie personnelle et vie au travail pour que ça se passe bien. Par exemple, il y a eu, c’est récent, la mise en place des journées de télétravail. Moi personnellement, j’aime beaucoup parce que du coup, il n’y a personne. Quand je suis chez moi qui vient frapper dans mon bureau, je peux être très concentré. Et je pense que pour l’employeur, c’est aussi gagnant, gagnant, parce que du coup, j’ai l’impression de travailler vite, de me débarrasser de tout ce que je n’ai pas voulu faire en étant coupé. Et donc, et moi, ça me permet d’avoir un trajet en moins d’être plus efficace. Après, trop de télétravail je n’aimerai pas non plus. On voit vraiment qu’il y a un besoin de concilier un besoin d’équité aussi chez les équipes. Par exemple, nos plannings on fait tourner, il y a des personnes qui ouvrent, chacun tourne autour des missions et aussi pour éviter l’usure professionnelle. Par exemple, la plonge, c’est pareil. Ça va tourner entre chaque personne qui s’occupe de ça. Il n’y a pas quelqu’un qui va faire tous les jours le réfectoire et ça bouge pas et a vraiment on a travaillé autour de ça aussi pour pour le bien être des collègues.

Cécile : Oui, parce que c’est ça aussi le service public. La personne, si elle n’est pas heureuse dans sa plonge, ça se ressent aussi sur la qualité.

Magalie : Chacun peut se mettre à la place de l’autre aussi. Il faut qu’il y ait un équilibre. Oui, comme ça, il n’y a pas une personne qui va dire la plonge, c’est plus dur. Tout le monde y passe donc tout le monde sait qu’est ce que c’est le temps de plonge.

Cécile : c’est peut être la recherche de l’équilibre et du fait que ce soit aussi un peu plus transparent. Avant, c’était peut être moins transparent, les missions que les mairies faisaient, les choses comme ça. Les gens maintenant, les usagers sont plus en demande aussi, ils sont beaucoup plus vindicatifs, ils veulent savoir. Et donc le fait de nous nous questionner là dessus, ben on peut aussi plus facilement leur répondre et leur expliquer pourquoi on fait, c’est quoi les procédures et comment ça fonctionne au niveau des services et pourquoi un instant T, on ne peut pas aller débroussailler devant chez lui parce que les équipes elles sont prises pour faire autre chose. C’est tout une éducation en fait au service public, d’expliquer aux gens ce qu’on fait. Et si nous déjà on ne sait pas trop pourquoi le fait, c’est compliqué. on va continuer sur notre démarche.

Merci à vous deux.

Ce type d’initiative montre que l’on peut agir localement à son échelle pour faire progresser la qualité de vie au travail dans la fonction publique territoriale. C’était le Centre de Gestion du Finistère.