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ven 19 juil 2019
Statut de la fonction publique
La lettre du cadre - 16/07/2019 - Annie Letty keribin

En cumulant les possibilités de pourvoi de postes permanents par des contractuels (CDD de mission de 1 à 6 ans, CDD puis CDI sur emplois permanents des 3 catégories, communes de moins de 1 000 habitants, temps non complet,…), l’objectif de 70 000 suppressions de postes de fonctionnaires territoriaux peut être rapidement et largement dépassé.

Un contexte en évolution

D’autant que le contexte y est favorable : arrivée de nouveaux élus en 2020, évolution sociologique des candidats à l’emploi, aspirations des agents en poste (la sécurité et la carrière unique ne sont plus leur priorité), recrutement plus lié à l’emploi qu’au statut…

S’y ajoute une augmentation sensible de structures telles que les SPL, EPIC, SPIC… dont les salariés relèvent essentiellement du droit privé (la loi prévoit le détachement obligatoire des fonctionnaires affectés sur les activités concernées sur des CDI de droit privé !).

Via les ordonnances à venir, assurons aux agents une progression de carrière incitative

Pourtant, malgré les critiques envers un statut réputé rigide et « trop » protecteur, les élus locaux et les administrés sont encore (pour combien de temps ?) foncièrement attachés à ses garanties et valeurs intrinsèques.

À la fonction publique d’être plus adaptée

Il est donc encore temps d’agir pour que les employeurs ne soient pas tentés de l’enterrer.
Via les ordonnances à venir, facilitons son accès par des titularisations de contractuels et recrutements (et non des concours) sur titres dont la légitimité serait assurée par des jurys de « confiance », assurons aux agents une progression de carrière incitative, prévoyons des procédures simplifiées liées aux indisponibilités physiques et une véritable mutualisation des coûts liés aux reconversions souhaitées ou contraintes.

Adoptons une rémunération « concurrentielle » avec le marché, une évaluation sincère, un courage managérial assumé, un régime indemnitaire adapté

Localement, donnons du sens aux projets et actions, adoptons une rémunération « concurrentielle » avec le marché, grâce à un dialogue social de proximité, une évaluation sincère, un courage managérial assumé, un régime indemnitaire adapté.

Sans jamais oublier que le véritable objectif est bien celui d’un service public performant, animé de l’intérêt général, reconnu par nos concitoyens car adapté, qu’il soit porté localement par deux agents ou trois mille, selon les besoins de chaque territoire.