Mis à jour le

jeu 14 mai 2020

Lors du CHSCT du 6 mai dernier, a été évoquée la possibilité pour le Centre de Gestion d’organiser un dépistage massif du COVID-19 auprès du personnel des collectivités territoriales du département.

La question d’un usage massif des tests reste controversée au sein de la communauté médicale, en raison notamment de la présence de personnes infectées par le virus mais qui demeurent «asymptomatiques». Cependant, à l’image de plusieurs entreprises, certains maires (ex : Sceaux, Marseille, Antibes, …) ont entrepris de tester leur personnel municipal préalablement à l’ouverture des crèches et des écoles.

Néanmoins, et en premier lieu, ce choix ne semble pas conforme à la doctrine sanitaire actuelle du gouvernement. Celle-ci énonce qu’au stade 3 de l’épidémie, le virus circule trop largement pour envisager une détection à l’échelle de toute une population. Surtout, un tel déploiement massif nécessiterait de disposer de tests fiables en quantité suffisante et une capacité de traitement adaptée par les laboratoires d’analyse, ce qui ne semble pas être le cas.

La stratégie actuelle des autorités sanitaires privilégie donc des actions ciblées, sur des publics restreints : personnes symptomatiques et ayant été identifiées comme «contacts», résidents des structures d’hébergement collectif et leurs personnels, si des cas sont confirmés (cf. instruction interministérielle du 6 mai dernier).

Les moyens en tests existants sont ainsi actuellement exclusivement affectés par les autorités sanitaires à la détection de nouveaux foyers localisés, afin de pouvoir isoler les personnes infectées.

Pour cette raison, le ministère du travail a précisé dans le «protocole national de déconfinement» que les entreprises ne sont pas autorisées à mener des campagnes de dépistage généralisées du coronavirus chez leurs salariés.

En second lieu, il convient de rappeler que les tests constituent un acte médical ne pouvant pas être imposé et dont l’employeur n’a pas à connaître les résultats. Dans le cadre de l'urgence sanitaire, une ordonnance du 1er avril 2020 a certes donné la possibilité aux médecins du travail (secteur privé) de prescrire et de réaliser ces tests, ainsi que d'établir ou prolonger des arrêts de travail. Cette disposition pourrait faciliter, à terme, la mise en place de tests généralisés au sein d'une entreprise ou d’une collectivité, mais elle n’a pas été formellement étendue au secteur public, et reste inopérante à l’heure actuelle en l’absence des moyens, de la formation et des protocoles nécessaires.

Dans ce cadre, le Centre de Gestion ne peut pas prendre aujourd’hui l’initiative de réaliser un dépistage massif puisqu’il ne dispose pas du matériel nécessaire et qu’une telle action se heurterait aux prescriptions des autorités sanitaires. Les médecins et infirmiers du Service Santé au Travail du CDG29 restent cependant susceptibles d’être mobilisés, si nécessaire, par l’ARS pour réaliser des prélèvements dans les cas indiqués.